Tigers and Flies – Among Everything Else : Pop cuivrée !

Tigers and Flies « Among Everything Else » | Violette Records | Sorti le 12 novembre 2021

Le groupe anglais Tigers & Flies sort son premier album sur le très chouette label Violette Records. Un album joyeux, inventif et insolite qui fait la part belle aux cuivres, le tout dans la pure tradition de l’indie pop britannique. C’est en visio avec le groupe au complet, bières à la main et vinyle des Clash en arrière plan (« Give ’em Enough Rope« ) que j’ai eu le plaisir de discuter avec eux.


Brighton, Manchester, Liverpool music

Tigers & Flies est un groupe atypique. Formé à Brighton mais émigré à Manchester, cette jeune formation digère le meilleure de la pop britannique du Merseyside. Le Michael Head des Pale Fountains mais surtout de Shack n’est pas très loin. (Shack est le groupe formé en 1987 par les frères Head, John et Michael, après les Pale Fountains). Avant de les interviewer, je pensais qu’il s’agissait d’un groupe bien plus âgé. Parce que j’ai ressenti une certaine maturité, mais aussi des références plus anciennes. Et c’est logique puisque ces jeunes gens ont eu la bonne idée d’aller piocher dans les vinyles de leurs parents. Arthur le confesse aisément : « J’adore Michael Head, et je suis un fan absolu de Shack« .

Ce qui donne une identité toute particulière à Tigers & Flies, c’est aussi (et surtout) l’utilisation habile et soignée des cuivres. Je dois avouer que dans l’esprit, ça m’a tout de suite rappelé les grands morceaux des Boo Radleys. Tiens, à l’image de Michael Head, nous voilà encore à Liverpool.

« Matteo, qui joue du cor, est sans doute la raison d’être des cuivres sur ce projet. » affirme Harry. « Harry a une formation jazz et classique, ça donne une nouvelle façon de jouer. Et comme on a tous des influences musicales différentes, ça rend le projet intéressant. » confie Paul.

So british

Et puis il y a toute cette ambiance, cette alchimie au fil des morceaux qui donne une vraie cohérence à l’album, avec un état d’esprit très perceptible. L’impression d’un album enregistré dans les conditions du live. Et c’est presque le cas puisque la basse, les guitares et la batterie ont été enregistrées ensemble. Les cuivres sont arrivés plus tard. Quoiqu’il en soit, il y a un côté très british sur cet album, qui de mon côté m’a rappelé les premiers albums de Blur.


Et donc cet album se retrouve signé chez Violette Records, label de qualité partagé entre Liverpool, Manchester et Paris. Violette Records est bien connu dans le tout petit monde de l’indie pop avec les très belles sorties de Studio Electrophonique, The Pistachio Kid et Jim McCulloch. Un label qui défend un esthétisme pop certain, magnifiquement mis en valeur par l’artwork sobre et tellement classe de Pascal Blua, directeur artistique également aux commandes de la maison de musique December Square (Julien Ribot, Magon, Orouni, Strawberry Seas…)


Musicalement, j’ai littéralement craqué pour les magnifiques riffs de guitare de Ben ou Headspace, et les nombreuses surprises musicales qui arrivent de façon inattendue. Headspace par exemple commence avec ces quelques breaks de cuivres avant d’enchaîner sur un couplet servi par un très chouette riff de guitare et une batterie parfaitement ajustée (aaah les petites subtilités comme la cymbale en contre-temps sur le refrain, un régal !). 

Et c’est justement dans la section rythmique que Tigers and Flies parvient à apporter sa patte personnelle pour donner une tournure inattendue, comme sur la fin de la balade Don’t Let Her Walk Away qui prend son envol grâce à une batterie inspirée en fin de morceau. La basse est souvent inventive et pleine de rondeurs, et quand elle reste plus linéaire, elle rappelle le meilleur de la pop britannique (je ne peux m’empêcher de penser à la basse de Sensitive de The Field Mice en écoutant In My Skin).


Si l’album a été enregistré au printemps 2020, il n’a vu le jour qu’en novembre 2021.  « Ca nous a semblé très long, mais on voulait un label. Et finalement, tout ce temps nous a permis de répéter, mais surtout de passer du bon temps ensemble. » racontent Harry et Risha, elle qui arbore un poster Charlie Mingus derrière elle. Cette fois l’album est bien sorti. Vient désormais l’heure de la promotion. « On a de la chance, les salles où on joue ainsi que Violette Records parlent de nous tous les jours je crois » se rassure Arthur. 
On les comprend, est c’est aussi pour cette raison que je vous en parle aujourd’hui !

Quelle bière boire en écoutant Amnong Everything Else de Tigers and Flies ?

J’ai choisi une brasserie espagnole, à savoir Basqueland Brewing qui est un nom bien connu des amateurs de bière artisanale. Voilà donc la Womper Cryo Pop IPA, une New England bien hazy. En d’autres termes pour les néophytes, le type New England apporte une grosse dose de fruit par le travail sur les houblons. Hazy est le terme anglo-saxon utilisé dans le milieu brassicole pour désigner une bière trouble.
Et donc cette bière, déjà parce que c’est la bière que j’ai bu avec Tigers and Flies le soir de notre interview, mais aussi parce qu’elle leur correspond bien ! Avec son petit côté ananas, elle apporte sa bonne dose d’amertume et donne un ensemble très équilibré. Et pour la petite histoire, Basqueland Brewing a été choisie par Yakima, producteur américain de houblon, pour tester leur tout dernier houblon « Cryo pop » en Europe, au même titre que la géniale brasserie de Leeds North Brewing.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *