10 choses à savoir quand on gère un blog (de musique) : c’est chronophage (2/10)

Avec l’évolution des technologies, on peut penser qu’un blog ne prend plus tant de temps que ça. Celui qui pense ça n’a sans doute jamais géré de blog de sa vie. Voici quelques exemples de mon expérience.

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Des chroniques faciles et rapides

Evidemment, ce n’est pas une surprise, gérer un blog prend du temps. Bien sûr, il y a les aspects techniques qu’on a vus dans le chapitre 1 (gérer un blog de musique : être geek), mais finalement sans contenu, il n’y a pas de technique qui vaille. Alors voilà, tu as ton site tout neuf, et ton premier article. Hourra ! La suite, bien sûr que tu l’as en tête depuis le début où tu as créé ton blog : faire des chroniques, relayer de l’actualité musicale. Une chronique, facile. Tu écoutes un disque, même en diagonale, tu dis ce que te t’as aimé et zou ! Eh ben non ! Parce que ce n’est pas ça qui m’intéresse. Aller vite ou publier plein de chroniques : non. En soit j’aimerais bien, mais je n’ai pas le temps. Déjà, et c’est la base, c’est écouter l’album en entier, et plusieurs fois. Parfois, le laisser un peu mûrir, le réécouter. Et puis, c’est écouter le ou les albums précédents, chercher des informations sur le groupe, tomber sur son Bandcamp ou Soundcloud, découvrir ce qu’ils aiment, ou le label. Chercher des infos sur le label. Découvrir les autres artistes du label, écouter les autres artistes, voir que le groupe est en tournée. Où, quand ? Ça peut concerner tes lecteurs. Ah tiens ils sont avec deux autres groupes. Enquête sur les autres groupes, leurs labels respectifs… Et la chronique ? Oui oui, ça arrive… Mais je n’ai aucune obligation de résultat. Et ce qui m’intéresse dans ce loisir, c’est d’apprendre, de découvrir. YouTube et Spotify sont des services aussi géniaux que pervers sur ce plan là.

Obligation de résultat, travail à plusieurs, ligne édito…

Et pourquoi pas une obligation de résultat ? J’ai essayé de me fixer des objectifs : « allez, une chronique par semaine« . Mais en fait c’est une contrainte de productivité qui va à l’encontre de ce que j’ai expliqué précédemment. Et que j’ai un boulot (passionnant) à temps plein à côté. Et deux – bientôt trois – enfants (passionnants) à temps partiellement plein à côté.
Mais du coup, faute de temps, il y a les réseaux sociaux, non ? Parfait pour relayer de l’actualité sans trop de contenu. Ah ah, si c’était si simple… On y reviendra.
Au final, pourquoi ne pas se mettre à plusieurs ? C’est en effet une option. Mais que je n’ai jamais retenue. Au fond, je crois que je n’ai jamais eu envie. Sans doute parce que c’est un projet trop personnel. Alors que ça aurait été super intéressant de faire une petite équipe avec un mini comité de rédaction, discuter de ce qui a légion sur le blog ou non. Non, je préfère me concentrer sur la base : des chroniques, des concours, des playlists, de l’actu. De l’actu ? J’ai essayé, genre publier rapidement une info, la diffuser, et se dire qu’on est premier. Je ne suis pas staffé pour ça. Et ça a failli me jouer un tour, le jour où j’ai annoncé la venue de Radiohead  aux Nuits de Fourvières. J’avais une source sûre, mais l’info était nulle part. Bim, je balance le pavé dans la marre, avec l’accord de la source. Et là ça se déchaîne sur les réseaux sociaux… c’est quoi ce site, sa source, les trolls, les spams… En même temps j’étais au boulot, pas trop la tête au blog, et ça continuait. Heureusement, l’info est confirmée rapidement ensuite par d’autres sources. Le feu est éteint. Je ne suis pas taillé pour ça. Je laisse l’actu chaude aux autres.

Le concours et la gestion des gagnants

Les concours alors. On reviendra sur comment ça s’organise. Mais voilà quelque chose qui peut être bien chronophage. En dehors de la promo.
Exemple : Mac Demarco à l’Aéronef en novembre 2017. Le concours est terminé depuis une semaine, le gagnant tiré au sort. Mais ce dernier ne confirme pas sa présence. Je relance plusieurs fois dans la semaine. 18h45, le soir du concert, le gagnant m’informe qu’il ne pourra pas venir. Donc là tu passes en mode gros vénère ! Sauf que là c’est ton ADN qui parle, et tu ne va pas laisser une place vacante alors que tous les autres participants sont dégoûtés de ne pas avoir été tirés au sort. Bim : une newsletter rapide aux participants. Je te remets dans le contexte : il est 19h, t’es en train de donner le bain à tes 2 marmots, avant de repartir au concert de The Horrors le même soir pendant que Merseywoman gère les merseykids un samedi soir. Donc là tu jongles entre le blog et le perso, tu fais tout mal car t’es à fond sur aucun des 2 sujets. Petit message sur Facebook au passage pour sauver la place et faire un heureux de dernière minute. Donc gérer les réponses, jongler avec le sous-marin (jaune -évidemment- du bain), ne pas faire tomber ton smartphone dedans… Bref, la lose. Alors oui j’aurais pu laisser tomber dès le départ. Mais le but est aussi de pouvoir faire plaisir à des gens avec ces concours, et s’investir à fond vis-à-vis de la salle ou le tourneur qui t’a fait confiance pour le concours. Cet exemple n’est pas un cas isolé. Il faut donc savoir s’adapter.

La ligne édito : indé !!

Et il y a aussi le fond. Ah, et si j’essayais de définir une vraie ligne éditoriale ? Les groupes phares, ceux à éviter, le ton d’écriture… J’ai essayé, mais on n’est pas au boulot, j’ai vite abandonné. La ligne édito, c’est ce que j’aime et que je revendique. Ou ce que je n’aime pas. Donc non, pas de Muse, de Keane ou de Coldplay sur Merseyside.fr (même si les deux premiers Coldplay sont très chouette). Ma ligne édito a tendance à se radicaliser. C’est vrai que parfois, plus c’est indé, plus ça me plaît. Alors ça peut aller en effet à de tous petits groupes ou projets souterrains, -coucou Hookspine, Tapeworms, Coude, Fools Ferguson, les signatures Toolong records ou Howlin Banana– à des noms légèrement plus connus signés sur de gros labels indé étrangers comme Bella Union, Mexican Summer, Captured Tracks… Donc oui c’est défendre des groupes sous-terrains, mais pas que. Pas de problème pour parler d’une grosse machine, genre Oasis ou les deux blaireaux de frangins. Ben oui car c’est aussi l’ADN qui parle.

Paris ou Lille ? Des playlists ?

Quand j’ai quitté Paris pour Lille, je me suis aussi posé la question : je ne parle que de Paris ou alors je creuse à Lille ? Tu connais la réponse, et mon tempérament de fouineur n’allait pas rester planplan à Lille. Mais du coup, je continue Paris ? Ben oui, car j’y ai passé 15 ans, que c’est aussi là que pas mal de choses se passent. Alors hop, double casquette Paris/Lille, histoire de se rajouter un peu de boulot… et de plaisir. Ce qui m’a permis de rencontrer du monde, dont certains sont devenus des potes. De travailler avec feu La Péniche, Bains de Minuit, l’Aéronef ou d’autres événements comme le CODA. De rencontrer les Singes Savants et de continuer ce que je fais à Paris avec l’Espace B, le Point Ephémère, le Petit Bain ou les tourneurs.
Et pourquoi pas une playlist pour suivre et transmettre l’actu musicale ? Mais oui, c’est parfait et ça ne prend pas trop de temps. C’est ce que je me disais avant de commencer. Mais au final, si tu veux faire une sélection plutôt qu’un contenu exhaustif de toutes les sorties, ça prend en effet un peu de temps. Donc trouver les sorties, les écouter, la sélection, la publication. Ben oui, car quand tu fais tes playlists sur Spotify mais qu’on te dit que ceux qui sont sur Deezer sont en galère, c’est un peu dommage. Alors bim, tu passes par un petit Soundsgood pour convertir ta playlist Spotify en format compatible avec Deezer, Youtube et autres supports musicaux. Et donc même si ce service est génial, ça te prend un peu de temps.

Et la tonalité dans tout ça ? J’ai lâché une ligné édito structurée, mais j’ai un peu réfléchi aux posts Facebook. Comment les écrire, le format, la fréquence. On y reviendra. Et il faudrait aussi une charte graphique ! Alors on y va. Ah ben non en fait, je reste un mini média, trop long, trop contraignant. Mais alors au moins un logo ! Alors c’est parti pour Photoshop (tu sais, le côté geek), des idées de logo, tout ça pour arriver à quelque chose de très simple, que personne ne voit jamais car ne je communique pas dessus. Bref, j’ai un logo.

Bière et liberté blogistique

Et la bière, ça fait partie de la ligne édito ? En effet. Une opportunité ? Pas vraiment… plutôt une passion. Donc oui, chroniquer un album et trouver la bière qui lui correspond, ça prend encore plus de temps. C’est peut-être con comme positionnement, mais ça m’amuse. Donc voilà, j’ai fait quelques calculs et le blog me prend en moyenne 12h par semaine (je ne compte pas le temps d’écoute de musique ni de buvage de bières, sinon je passe facile à 130h) qu’il faut caler entre le boulot, la vie de famille, les amis… la vie quoi. Donc oui, ce sont des bouts de chroniques entre deux rendez-vous ou sur une pause déjeuner, ce sont des soirées blogs qui commencent à 22h30/23h, à parfois lutter pour finir ton article quand il est 1h et que tu n’as plus assez de doigts sur une main pour compter tes heures de la nuit, elle-même pimentée par quelques réveils enfantins (au mieux d’un cauchemar rapidement canalisé, au pire d’une gastro qui repeint la chambre).

Mais voilà, je ne dois rien à personne, personne ne m’oblige non plus, je fais ce que je veux, je publie ce que je veux quand je veux, et surtout je fais ce qui me plaît. C’est ça la liberté blogistique 😉

>>>Chapitre précédent : 10 choses à savoir quand on gère un blog (de musique) : être geek (1/10)<<<

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