Pulp à l’Olympia le 13 novembre 2012

Grand retour de Pulp en France après plus de 10 ans d’absence pour la clôture du festival des Inrocks 2012, le show livré par le légendaire groupe de Sheffield n’a pas déçu et nous a rappelé à quel point la nostalgie pouvait faire du bien. Un concert grandiose avec des tubes à gogo et un Jarvis Cocker en grande forme !

Do You Remember the First Time ?

On s’en doutait, le concert de Pulp allait réveiller une ribambelle de nostalgiques en manque de paillettes, dandysme et boa à plumes roses dont j’affirme aussi fièrement l’appartenance épisodique. Do You Remeber The First Time ? Oui, sans aucun doute ! Premier concert de Pulp à 14 ans, débarqué de ma province, et noyé dans un dédale de paillettes et cotillons lors d’une Black Session pour la sortie de Different Class. C’était il y a 17 ans, et ça marque !
–[mode heure de gloire nostalgique activé]– J’avais même eu le privilège via mon frère déjà dans “le milieu » d’accéder aux backstages de la maison de la radio. Je suis allé voir Jarvis, avec une photocopie de ma place de Black Session pour lui demander une signature. Il se trouve que pour mes 13 ans, mon cher frère m’avait fait dédicacer une photo presse de Pulp et je pensais naïvement que Jarvis pouvait s’en souvenir. J’ai donc essayé de l’aborder pour lui dire dans un anglais très hésitant : “This is my first concert… [je ne connaissais pas le mot gig] Can you sign this for me ? » Jarvis me proposa un verre, j’ai pris un Tropicana. Il a signé rapidement ma place et je suis allé voir Steve, le bassiste, puis Candida, toute gentille. Impossible de vous scanner cette place aujourd’hui, elle doit être dans un carton tellement protégé que je ne la retrouve plus ! —[/mode heure de gloire nostalgique désactivé]–

Bonnet d’âne

La première partie assurée par le trio Tristesse Contemporaine, électro warm-up parfait : une claviériste nipponne avec un chapeau à la Mickey en mode exploration de la jungle, un chanteur qui a l’air de ressembler à Tricky, mais difficilement identifiable sous son masque d’âne, et un guitariste neurasténique. Tout va bien.

Pour Pulp, la scène est divisée en deux étages, Nick à la batterie et Candida aux claviers surplombent l’Olympia. Une fausse petite cheminée kitsch soutient l’arrière plan de Jarvis. Le concert commence à 21h précises, avec des messages diffusés en lumière verte, des messages aussi basiques que « Vous allez bien ? » que des détails plus futiles du genre « Vous aimez les dauphins ?« . Peu importe le message, le public est déjà conquis.
De classe il sera bien entendu question ce soir, avec un décor stylé (les 4 énormes lettres du groupe en arrière-plan, et des lumières finement travaillées pour une ambiance survoltée dès le premier morceau, le si emblématique Do You Remember The First Time ? Le public est déchaîné, connaît bien sûr les paroles par coeur, et semble replonger sans aucun mal en plein milieu des années 90. Quel pied !

Disco 2012

La suite s’enchaîne rapidement avec Pink Glove, puis le classique Razzmatazz que Jarvis introduit en racontant que le clip avait été tourné à Paris avant de nous raconter une nouvelle petite histoire en français sur leur premier concert parisien à La Cigale en 1991, nous expliquant que les choses ont changé.

Jarvis, toujours aussi longiligne, plaisante beaucoup, nous raconte des histoires, comme à son habitude. Il parle français (il vit à Paris) avec son accent so british tellement irrésistible. Et le dédale de tubes pop défile sous nos yeux et nos oreilles nostalgiques. L’album mythique Different Class est logiquement abondamment représenté en commençant par Something Changed, nous racontant qu’ils étaient allés à La Loco après ce concert de La Cigale. Puis Jarvis tombe la cravate, lance Disco 2000 avec un public en furie, enchaîné par Sorted For E’s & Wizz puis F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E où le public est presque aussi enthousiaste que sur Disco 2000. Jarvis finit à terre avant de continuer sur Acrylic Afternoons, où Candida semble le surveiller car il peut partir à tout moment. Jarvis nous raconte que le premier Olympia du groupe était le 8 juillet 1996, qu’il se souvient de ses cours de français où on lui a appris « taisez-vous » permettant de lancer Have You Seen Her Lately, morceau qui semble inconnu du public. Steve se dandine à la basse tel Matt Osman de Suede. Pas de doute, on est dans les années 90 !
Jarvis en profite pour remercier Les Inrocks, nous refaire l’historique de l’Olympia et son ouverture en 1889 pour annoncer l’incontournable Babies, avant de se lancer dans les deux titres extraits de This Is Hardcore, à savoir Help The Aged et le morceau éponyme dans une ambiance rouge dark où Jarvis monte sur l’anceinte gauche devant la scène, fait des poses suggestives. Vient la petite période We Love Life avec un magnifique Sunrise au final flamboyant où Jarvis vient se donner à coeur joie sur la grosse caisse située sur la droite ou sur le gong en arrière-plan de la scène avant de revenir en 95 sur Different Class avec Bar Italia. Jarvis annonce ensuite qu’ils vont jouer une très vieille chanson que personne ne connaît… le petit farceur, c’est en vérité LE tube Common People qui démarre dans l’euphorie générale. Grosse ambiance, certains iront même jusqu’à slammer (Bravo Gabriel !). Le concert s’achève en 1h30 précises, mais on attend déjà le rappel.

Le groupe revient, Jarvis nous raconte une anecdote de La Cigale en 91 où il y avait des ballons argentés pour lancer le très disco Countdown qui permettra aussi de faire remarquer la présence de la mère de Jarvis dont c’est l’anniversaire. Elle a 70 ans.  Alors tout le monde chante en choeur.

Petite pause avec le calme Little Girl (With Blue Eyes), puis un tonitruant Mis-Shapes so british. Fin du concert et dernier rappel avec Live Bed Show sur un final instrumental faussement improvisé mais réussi. Jarvis en veut publiquement à Bruno Coquatrix qui ne lui laisse pas le temps de jouer le Party Hard prévu initialement sur la setlist.

J’aurais bien aimé un petit I Spy, Lipgloss ou Joyriders qui restent du pur Pulp dans toute sa classe, mais pas de frustration pour autant, rassurez-vous. Après 2h de concert dont deux rappelq, la bande de Sheffield  peut retourner fièrement dans ses pénates, laissant un public de nostalgiques en pleine britpop pendant que les frères Gallagher tentent leurs aventures en solo, que Suede prépare son retour, que Supergrass lâche son chanteur sous les bombes. Les Common People de l’Olympia auront bien compris que l’héritage pop est aussi ailleurs…


Pour suivre les news de rock indé, suivez Merseyside sur Facebook :

http://www.facebook.com/merseysideband

 

 

 

Soyez sympa, partagez !

Comments

comments

2 commentaires

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *