The Breeders – All Nerve – Et si leur meilleur album était un best of ? (Et petite biographie des Breeders)

Les Breeders, groupe de la sphère des Pixies, vient de publier son cinquième album en 25 ans d’une carrière semée de trous. Puisant dans leur plus pur ADN, le groupe des jumelles Deal s’affiche un un pur album des Breeders : plaisant, mais inégal.

Qui aurait prédit en 1993 que l’on parlerait encore des Breeders 25 ans plus tard ? Après le tsunami de Last Splash, porté par l’incontournable Cannonball, on avait un peu perdu de vue les sœurs Deal… jusqu’à leur retour en 2002 qui annonçait (on ne le savait pas encore) une activité « régulière » du groupe.

The Breeders, Pixies, Throwing Muses : gigantic !

The Breeders, initialement un projet parallèle

Revenons sur petit historique pour bien comprendre les Breeders. Il faut se remettre dans le milieu des années 80, à Boston. Les Pixies se forment en 1986 dans cette même ville de la côte est des Etats-Unis. Ils eurent l’histoire et le succès qu’on leur connaît, notamment jusque 1993 où ils ont marqué le rock de leur empreinte, couvert de louanges de groupes comme Nirvana. Avec un Black Francis (qui se fera renommer Frank Black plus tard) très autoritaire limitant le rôle de sa bassiste, Kim Deal monte un projet parallèle, les Breeders. Elle se retrouve avec Tanya Donelly, alors guitariste au sein de Throwing Muses, autre groupe de la région de Boston mené par sa demi-sœur Kristin Hersch.

Premier album et Steve Albini

Le premier album des Breeders, Pod, sort en 1990 et est produit par Steve Albini qui avait déjà produit le premier album des Pixies (puis des mastodontes du rock comme In Utero de Nirvana). Le son est assez brut, (forcément) assez proche des Pixies, il manque peut-être quelques morceaux forts, mais la patte du groupe se dessine. Le deuxième album sort en 1993, précédé d’un EP en 92, Safari, qui permet au groupe de s’affirmer. Safari marque l’arrivée de Kelley Deal, la sœur jumelle de Kim qui avait passé un casting pour devenir la batteuse de Pixies quelques années auparavant. Les jumelles prennent le rôle des guitares, Tanya Donelly étant partie former le groupe Belly. Vous suivez toujours ?

Last splash, succès planétaire

L’album Last Splash connaît un succès interplanétaire. En tous cas l’indémodable single Cannonball à l’efficacité rarement égalée qui a retenti sur bon nombre de radios, dont la France où il se classe 8ème. Je me souviens même l’avoir entendu plusieurs fois sur Fun Radio, si si !
Preuve que ce monde du rock est tout petit, le clip de Cannonball est réalisé par Kim Gordon, de Sonic Youth (et aussi Spike Jonze qui réalisa de nombreux clips de groupes comme Sonic Youth, Weezer, Pavement ou les Beastie Boys). Et dans un autre genre, le titre S.O.S sera d’ailleurs même en partie samplé par Prodigy en 1996 sur le titre Firestarter.


Et depuis Last Splash ?

Pourquoi avoir raconté tout ça pour chroniquer un album ? Parce que je suis convaincu que l’écoute d’un album doit aussi tenir compte de l’ADN du groupe, de son parcours et son environnement. Venons en au fait. Je n’ai jamais été un fan absolu des Breeders. Car en fait j’ai souvent eu l’impression de très bons morceaux, mais jamais d’albums sur la durée. Lors de leur retour en 2002, Little Tk m’avait donné cette impression, avec des titres accrocheurs comme London Song ou Son of Three, mais aussi avec pas mal de temps morts.

Mais cet album était aussi une renaissance. Si 9 ans se sont écoulés depuis Last Splash, c’est aussi parce que Kelley Deal avait de sérieux problèmes d’addiction à l’héroïne. En 2008, Mountain Battle et sa pochette très Pixies m’avait donné le même sentiment. J’en avais surtout retenu le titre It’s The Love.
Pixies-Bossanova breeders-mountain-battles
All Nerve ne déroge pas à la règle : s’il commence en fanfare avec des titres percutants et accrocheurs (Nervous Mary, Wait In The Car), l’album repose assez vite sur un faux-rythme sur lequel j’ai du mal à m’enthousiasmer.

the-breeders-All-NerveBien sûr qu’un album ne doit pas se constituer que de singles taillés pour les radios. Les titres sont plus longs que ce à quoi les Breeders nous ont habitué, et je trouve que ça ne les sert pas toujours. Sauf sur Dawn: Making an effort qui monte tout en puissance langoureuse.
On peut donc se réjouir de la longévité des Breeders, que ce ce groupe ne soit pas resté dans la catégorie des « one hit groups » avec Cannonball, parce que l’on peut puiser des perles un peu partout dans leur discographie. En fait, le meilleur album des Breeders serait-il alors un futur best-of ? Wait and see..
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