Tapeworms, ambiance My Bloody Valentine et Swirlies

tapeworms-everything-will-be-fineTapeworms est un trio lillois qui s’inscrit dans la lignée bruitiste que l’on aime défendre ici : My Bloody Valentine en tête de gondole, mais aussi les Swirlies ou Pavement. Coup de coeur pour cet EP prometteur.
Tenir un blog de rock indé, c’est aussi être très sollicité par du démarchage en tout genre. Il m’arrive d’être contacté par des groupes qui ressemblent à du sous Muse qui reprend du sous Shaka Ponk, et là c’est très dur, mais heureusement, il y a aussi quelques pépites comme Tapeworms. Et voilà comment Théo, le guitariste me contacte en me félicitant d’avoir mis une pochette des Swirlies comme photo de profil, vous savez ce groupe de Boston formé au début des 90’s. On y reviendra. Bref, l’accroche mutuelle est là. Allez tiens, un petit Swirlies au passage.

My Bloody Valentine… évidemment

Et voilà comment je me retrouve happé par un EP noisy-pop-DIY qui fait le plus grand bien. Ice Cream fait d’emblée référence à Only Shallow de My Bloody Valentine. Rien que ça… Même si le refrain vire plus DIY américain ensuite, j’y ai d’ailleurs retrouvé certains traits de Pavement, pas sur leurs morceaux pop comme Cut Your Hair, mais plutôt les ambiances d’un Mellow Jazz Docent. Le son noisy est très bon, la voix sous-mixée va parfaitement dans le style. Très bonne entrée en matière. A propose de My Bloody Valentine, Théo ne s’en cache pas : « MBV, on ne peut pas trop y faire grand chose. Quand c’est noisy, mélodique, c’est eux qui viennent directement en tête. Bien sûr, c’est un de mes groupes préférés. »

C’est ensuite sur Medicine que je me suis pris une bonne claque. Single noisy parfait, j’ai écouté ce morceau en boucle. L’alternance des voix masculine/féminine est parfaite. Avec toutefois un très gros reproche : il est terriblement frustrant !  Je voulais que le morceau dure encore 3 minutes en mode distorsion qui progresse, mais non, il est coupé en plein vol par ce cachet d’aspirine qui introduit l’interlude suivant, sorte de magma sonore étouffant.

Medicine m’a rappelé le son des anglais de The Death Of Pop, avec justement le final de 3 minutes que j’attendais sur Medicine. Ces morceaux de The Death of Pop sont plus dreampop, mais je m’y suis un peu retrouvé dans l’ambiance de Tapeworms.

Le reste de l’EP suit cette entrée en matière prometteuse. Not Sorry affiche un décalage intéressant entre le rythme d’intro et comment il évolue ensuite avec une guitare qui semble un peu aérienne mais retrouve ensuite ses bases noisy. Globalement, la construction de batterie est vraiment bien travaillée sur ce morceau, couplée à un super son de guitares qui s’intensifie bien, avec des dissonances légères mais perceptibles. La fin oppressante trouve aussi parfaitement sa place.

Le deuxième interlude a bien sa place ici, histoire de souffler un peu et de comprendre un peu ce qui se passe avant de terminer sur Fsmooth3, un titre plutôt « calme ». La batterie appuyée se mêle à un joli jeu de guitares qui crissent avec toujours cette voix féminine sous-mixée qui passe très bien dans ce style.
Les autres EP de Tapeworms sont aussi dignes d’intérêt (même si on les sent moins aboutis), avec au passage une reprise de Daniel Johnston. Espérons que Tapeworms arrive correctement à reproduire ce bon son en live. Verdict le 15 mars à La Cave aux Poètes à Roubaix, en première partie des irlandais noisy de The Altered Hours. Un concert organisé par Bains de Minuit Productions (valeur sûre en termes de rock indé lillois)
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Quelle bière en écoutant Tapeworms ?

piraat-triple-hopAvec cet EP bien noisy, je vois bien une bière assez costaude, un peu dans la veine des Triple belges, mais plus houblonnée, histoire d’y mettre un peu de résistance. La Piraat Triple Hop se mariera très bien. Avec ses 10,5%, on pourra se sentir bien à la fin de la bière, qui devrait correspondre plus ou moins à la fin de l’EP de Tapeworms. Donc on est un peu secoué, les oreilles bien remplies de distorsion, du houblon plein le palais, mais en même temps de la rondeur pour apporter de la consistance en plus.
A consommer avec modération, évidemment.
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