Le groupe anglais se produisait lundi soir à l’Olympia pour présenter les compositions de l’album West Ryder Pauper Launatic Asylum. Récit de l’excellente prestation de cette puissante machine à tubes taillés pour les stades.
Machine à tubes
21 heures précises, le groupe entre sur scène et entame le set avec Julie & the Mothman, la face B de Underdog, le starter de cette tournée qui ne fait qu’annoncer l’ouragan de tubes qui va suivre. Bingo, on enchaine avec Underdog, le public est conquis, l’ambiance se fait déjà de plus en plus chaude… Tom Meighan, cheveux courts désormais, est dans une forme olympique et, en plus de flatter son ego, chauffe le public en gesticulant dans tous les sens, lance des « put your hands up in the air » à tout va, se fait acclamer sur le devant de la scène comme le messie. Et cela va même crescendo. Troisième titre et troisième tube avec Where Did All The Love Go puis Swarfiga. On est bien sur le West Ryder Tour, pas de doute.
La suite n’est pas déplaisante pour autant avec Shoot The Runner, un classique parmi les classiques de Kasabian. Le public exulte. Tom est très communiquant, parle au public (beaucoup d’anglais) et enchaîne les morceaux. Le fantôme des Stone Roses et surtout de Bobbie Gillespie de Primal Scream n’est jamais loin, surtout sur Stuntman où l’Olympia prend des airs de dancefloor géant, comme sur Vlad The Impaler lors du rappel. Le groupe finit sur Club Foot, d’une puissance phénoménale.
Maillot de foot
Quoi ? Pas de Fire ? Non, impossible… Le groupe est encore en backstage mais revient quelques minutes après avec une nouvelle tenue pour Tom : le tout nouveau maillot de foot de l’équipe d’Angleterre pour la Coupe du Monde 2010 ! Sifflements français, acclamations anglaises, forcément. Histoire de mettre tout le monde d’accord, le groupe lance Fire ! Ambiance de folie, tout le monde chante et danse comme s’il s’agissait d’un tube d’il y a dix ans ! Après Vlad The Impaler, le groupe termine sur un L.S.F au refrain sacrément entêtant au point que même lumières rallumées, la salle chante encore, jusqu’à la sortie dans le hall de l’Olympia où les anglais déchaînés nous font comprendre comment doit se passer un concert de Kasabian !
Backstage
Si vous voulez savoir ce qui s’est passé en backstage de l’Olympia, Umbro était là pour assurer le coup de pub :
Justement, retraçons brièvement le parcours de Ian Brown. Il forme les Stone Roses au milieu des années 80 avec son ami d’enfance et excellent guitariste John Squire, le bassiste « Mani » (aujourd’hui avec le gang de Bobbie Gillespie, Primal Scream) et Alan Wren, le batteur au bob. Leur premier album éponyme sorti en 1989 est une référence absolue du rock britannique avec des classiques du genre comme Made of Stone ou I am the Resurrection. Cet album est une référence de la vague « Madchester », ce mouvement musical lancé quelques années plus tôt par des groupes de Manchester mélangeant le rock et la house et qui carburent à l’ecstasy et autres diverses substances illicites. Les Happy Mondays en sont le fer de lance et ne s’en cachent d’ailleurs pas avec leur album au titre évocateur Pills, Thrills and Bellyaches ( »Pilules, frissons et maux de ventre »). Quoi qu’il en soit, les Stone Roses vont laisser une empreinte indélébile. En 1989, ils donnent un concert à Blackpool qui fait figure de référence dans l’histoire du groupe, mais qui marquera aussi le déclic dans la tête Liam Gallagher qui décidera de monter un groupe. On connaît la suite !
Le concert du Trabendo a cependant été plutôt réussi, avec une setlist variée allant piocher dans plusieurs albums. A la surprise générale, Ian Brown chante étonnament juste sur les premiers morceaux, mais sa réputation le rattrapera dès le troisième morceau et sur pas mal de titres joués hier soir, tout comme celle de presque manger son micro ! Le lad est en forme malgré un visage creusé (par la drogue ?), assez communicatif et arrive à mettre de l’ambiance sur un public chaud et demandeur. Justement, à propos de demande, le groupe vient d’écouler un quinzaine de morceaux, quitte la scène et revient pour un rappel où Ian Brown demande « Do you have any request? ». La salle se transforme en véritable braderie stone rosienne : « Elephant Stone« , « Made of Stone », « I Wanna be adore »… Chacun tente sa chance de voir son morceau fétiche joué en direct. Ce sera finalement le très groovy Fool’s Gold qui sera retenu. Grosse ambiance, forcément, mais il faudra s’en contenter. Rien d’autre des Stone Roses à se mettre sous la dent pour ce soir. Ian Brown cherche à se démarquer de son passé et assurer sur ses compositions en solo. Dommage pour ceux qui casquent 25 euros pour entendre les gloires d’antan. Pour ça, il vaudra mieux miser les Gallagher en solo !


