Happy Mondays, Stone Roses, Charlatans, Factory Records, Haçienda… oui, Madchester est de retour avec Shit Browne, combo français qui ressuscite brillamment les sons ecstasiés de l’une des périodes les plus marquantes du rock anglais et de la folle histoire de Manchester. Véritable coup de coeur !
Validation de Bez des Happy Mondays
On vous le donne en mille : Bez est fan, c’est dire si Shit Browne a la légitimité d’être intégré à la vague Madchester ! Certes, l’ami Bez est à moitié fou, ravagé par la drogue, il n’en demeure pas moins un membre incontournable d’un groupe qui l’est tout autant : les Happy Mondays. Instigateurs de la vague appelée « Madchester », cette période de la fin des années 80 en Angleterre où la house et l’ecstasy viennent s’inviter dans les riffs de guitare, les Happy Mondays ont eu une influence phénoménale sur le rock britannique, au même titre que les Stone Roses, fervents représentants de ce mouvement. Bref, on ne va pas vous faire la biographie entière ici, mais le décor est planté !
Oasis, Stone Roses, Charlatans… l’héritage mancunien bien assimilé

©Yann Stofer
Il est impossible de ne pas évoquer tous ces groupes tant les similarités sautent aux oreilles aussi vite qu’un cachet d’ecstasy dans la bouche de Shaun Ryder ! Formés par un fan de baggy et un accro d’acid house, Shit Browne se fait connaître par le single Electronics aux riffs imparables et à la puissance phénoménale, témoin d’un savoir-faire parfaitement assimilé de l’héritage mancunien. Et l’album garde cette constance tout en y mêlant une variété du meilleur goût, jugez plutôt :
New Colour fait indéniablement penser à Rock’n'Roll Star d’Oasis, Don’t Ask, son piano et ses percus rappellent Just When You’re Thinking Things Over des Charlatans, Chairman Meow vient lorgner sur les accords de Waterfall des Stone Roses pour finir en New Order, Browne and Proud mélange savamment The Only One à Know des Charlatans aux claviers des Inspiral Carpets, She’s A Party vient faire un traitement de faveur aux tympans déjà bien secoués par les Buzzcocks des années auparavant, Winter Collection nous plonge dans un concert des Happy Mondays qui jouent avec Primal Scream, le tout avec la partie de guitare de MyBeautiful Friend des Charlatans !
Quelle claque ! Et dire que ces joyeux lurons sont Français, on en reste d’autant plus scotchés…
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Justement, retraçons brièvement le parcours de Ian Brown. Il forme les Stone Roses au milieu des années 80 avec son ami d’enfance et excellent guitariste John Squire, le bassiste « Mani » (aujourd’hui avec le gang de Bobbie Gillespie, Primal Scream) et Alan Wren, le batteur au bob. Leur premier album éponyme sorti en 1989 est une référence absolue du rock britannique avec des classiques du genre comme Made of Stone ou I am the Resurrection. Cet album est une référence de la vague « Madchester », ce mouvement musical lancé quelques années plus tôt par des groupes de Manchester mélangeant le rock et la house et qui carburent à l’ecstasy et autres diverses substances illicites. Les Happy Mondays en sont le fer de lance et ne s’en cachent d’ailleurs pas avec leur album au titre évocateur Pills, Thrills and Bellyaches ( »Pilules, frissons et maux de ventre »). Quoi qu’il en soit, les Stone Roses vont laisser une empreinte indélébile. En 1989, ils donnent un concert à Blackpool qui fait figure de référence dans l’histoire du groupe, mais qui marquera aussi le déclic dans la tête Liam Gallagher qui décidera de monter un groupe. On connaît la suite !
Le concert du Trabendo a cependant été plutôt réussi, avec une setlist variée allant piocher dans plusieurs albums. A la surprise générale, Ian Brown chante étonnament juste sur les premiers morceaux, mais sa réputation le rattrapera dès le troisième morceau et sur pas mal de titres joués hier soir, tout comme celle de presque manger son micro ! Le lad est en forme malgré un visage creusé (par la drogue ?), assez communicatif et arrive à mettre de l’ambiance sur un public chaud et demandeur. Justement, à propos de demande, le groupe vient d’écouler un quinzaine de morceaux, quitte la scène et revient pour un rappel où Ian Brown demande « Do you have any request? ». La salle se transforme en véritable braderie stone rosienne : « Elephant Stone« , « Made of Stone », « I Wanna be adore »… Chacun tente sa chance de voir son morceau fétiche joué en direct. Ce sera finalement le très groovy Fool’s Gold qui sera retenu. Grosse ambiance, forcément, mais il faudra s’en contenter. Rien d’autre des Stone Roses à se mettre sous la dent pour ce soir. Ian Brown cherche à se démarquer de son passé et assurer sur ses compositions en solo. Dommage pour ceux qui casquent 25 euros pour entendre les gloires d’antan. Pour ça, il vaudra mieux miser les Gallagher en solo !


