Karen Elson est avant-tout mannequin avant d’être la femme de Jack White. Une mannequin qui se lance dans la chanson, mieux vaut se méfier ? Détrompez-vous… la miss nous a prouvé le contraire hier soir à Flateurville.
C’est dans le cadre atypique de l’atelier/squat Flateurville que nous avons découvert Karen Elson qui se présentait pour un showcase privé intimiste (merci Beggars). Aux premiers abords, on a plutôt l’impression d’être à Berlin, cette ville qui regorge d’endroits cachés plus insolites les uns que les autres, où divers artistes viennent exposer leur talent. En fait non, le public parisien branché bobo nous prouve bien le contraire. Peu importe.
Entourée d’une accordéoniste et d’un guitariste, Karen Elson, vêtue en orange intégral, fleur à la barette, nous a présenté des compositions folk d’une teneur fort appréciable et non dénuée de charme. Bien entendu, certains diront qu’on reconnaît la patte de Jack White, je n’en suis pas vraiment persuadé (n’étant à la base pas spécialement fan, il faut l’avouer).
Karen Elson s’inscrit dans un univers assez noir et mélancolique, pas déprimant pour autant. Elle a su trouver une image esthétique en se créant un monde raffiné oscillant dans les tons noir-orange pour mettre en valeur ses compositions. L’album sort le 25 mai 2010. En attendant, voici la vidéo de The Ghost Who Walks en version électrique et acoustique.
Billy Corgan n’a pas dit son dernier mot. Pour célébrer le retour des Smashing Pumpkins, le crâne d’oeuf à la voix de canard prépare un album gargantuesque de 44 titres ! Quelques extraits en écoute.
Teargarden by Kaleidyscope, voilà le nom de la prochaine production des Pumpkins. Ca fait beaucoup à écouter, alors autant commencer tôt, au compte-goutte.
Et vous pouvez même télécharger gratuitement et légalement le titre « Widow Wake My Mind ». Rassurez-vous, Billy Corgan a annoncé que l’album entier serait gratuit ! Il a décidé de publier une chanson toutes les deux ou quatre semaines, donc autant vous dire qu’on n’est pas couchés ! Prochaine chanson en vue : Astral Planes.
A noter que le batteur Jimmy Chamberlin, qui avait déjà été remercié par Corgan, puis réintégré, a finalement quitté le groupe en mars 2009, remplacé par Mike Byrne un jeune batteur de 19 ans. Les piliers que furent d’Arcy, James Iha ou Melissa Auf der Maur (ancienne bassiste de Hole, faut-il le rappeler ?) ne sont plus de la partie. Cette dernière s’apprête d’ailleurs à sortir son deuxième album solo, Out Of Our Minds, courant mars.
Revenons à notre mouton Corgan et son album, espérons quand même que la pochette ne soit pas aussi moche que ce que laisse présager le player ci-dessous, mais c’est pas gagné…
Le duo Broken Bells alliant le chanteur de The Shins et le producteur Danger Mouse, crée un petit buzz depuis quelques semaines et avant la sortie de son premier album le 8 mars. Ils étaient de passage à Paris lundi, voilà nos impressions.
Pas grand chose à se mettre sous la dent concernant Broken Bells… En tous cas, pas en grosse quantité, mais le duo nous tient en haleine depuis Noël et le titre The High Road, une pépite pop planante merveilleusement arrangée et tellement sobre à la fois. Un refrain entêtant, des agréments électro discrets, et une production impeccable. Eh bien Broken Bells n’a pas tremblé en commençant d’entrée le concert par The High Road. Ok, voilà, c’est fait… Bon n’empêche qu’on reste un peu sur sa fin alors que le concert vient juste de commencer. Parce que finalement, entammer par le titre que tout le monde attend, je ne trouve pas que ce soit judicieux : le public n’est pas encore hyper chaud (la température laisse pourtant penser le contraire !) et on sent un manque d’engouement, dommage.
Convention
Pour ne pas déroger à la règle du conventionnel, le groupe (4 musiciens en plus des deux lascars) enchaîne sur Vaporize, l’autre morceau dévoilé sur leur MySpace. En place, plaisant, mais les visuels projetés manquent cruellement d’originalité. On a l’impression d’avoir les fioritures graphiques par défaut de Windows Media Player ! Franchement, ça casse un peu ce qu’on est en droit de s’attendre d’un groupe pour qui l’esthétique semble avoir son importance…
Les titres s’enchaînent dans un ordre très consensuel c’est à dire en respectant à la lettre le tracklisting de Broken Bell, l’album à venir. Dommage, moi qui croyais que ce genre de banalité était réservée à des vieux groupes qui se reforment pour l’argent pour jouer leur album culte d’il y a 20 ans (vous croyez vraiment que je pense aux Pixies ?). On s’ennuie un peu sur Your Head Is On Fire ou Trap Doors, le fantôme de Air plane sur Citizen, October nous fait quelque peu revivre les compositions de Badly Drawn Boy, on se tortille un peu sur le plaisant The Ghost Inside et on finit par le rythmé The Mall & Misery.
Après une quarantaine de minutes à peine, le groupe s’éclipse avant de revenir pour un rappel de reprises en duo, à savoir Don’t Let it Bring You Down de Neil Young et Crimson & Clover de Tommy James And The Shondells (oui j’avoue, je me suis documenté !). Et voilà, nous pouvons disposer et on se dit « tout ça pour ça ?« . Ça valait le coup d’en faire tout un foin ? Sur scène, il faut avouer que ce que l’on a vu n’est pas transcendant. En revanche, c’est certainement un très bon album à écouter dans son salon. Avis aux amateurs, l’écoute de l’album, c’est par ici…
Broken Bells est un projet unissant le producteur Danger Mouse (qui a collaboré avec Damon Albarn pour Gorillaz notamment) et James Mercer, guitariste du groupe pop-folk The Shins. L’album est prévu pour le 8 mars, mais les deux morceaux dévoilés ne font que renforcer l’impatience. Bijou pop en perspective ? A suivre de près en tous cas.
Les deux compères s’étant découvert des affinités musicales lors d’un festival au Danemark en 2004, ils décident de travailler ensemble. Mars 2010, l’album de Broken Bells arrive. A défaut d’avoir pu en écouter plus, nous voilà la langue pendante avec les deux morceaux proposés sur le Myspace du groupe. Si Vaporize semble être une compo sympa mais un peu passe partout, le single The High Road quant à lui révèle une puissance pop épurée mais extrêmement jouissive. Le groupe avait d’ailleurs offert le morceau en téléchargement sur le site juste avant Noël. A écouter en boucle, et à ne pas rater !
Le groupe lo-fi américain Pavement avait annoncé en fin d’année 2009 sa reformation. Une fois la vague d’émotions passée, le groupe annonce la sortie d’un best-of de 23 titres remasterisés avec un concours amusant à la clé.
On était prêts à vous révéler le track listing de ce best-of, mais voilà que la bande à Stephen Malkmus en décide autrement en proposant un concours amusant, le « Guess The Track Listing Contest » ! Vous avez deviné, le principe est simple, il faut deviner les titres dans l’ordre, sachant que le premier morceau est Gold Soundz (disponible en téléchargement légal et remasterisé sur ce lien). Avis aux âmes inspirées… et aux chanceux !
Les prix
Premier prix : il sera décerné à celui ou celle qui trouvera le track listing le plus proche de la version qui sortira le 1er mars 2010. L’heureux gagnant se verra offrir deux billets avec le vol et la chambre d’hôtel pour aller voir Pavement à Central Park le 21 septembre 2010 ! Et accessoirement un coffret vinyle du groupe.
Deuxième prix: décerné au track listing le plus imaginatif (euh… c’est pas un peu subjectif ça ?), le gagnant verra sa sélection publiée sous forme d’un double LP vinyle en édition limitée et en recevra 5 exemplaires, en plus du coffret vinyle.
Quatre prix seront également décernés dans l’une ou l’autre catégorie et gagneront le coffret vinyle.
Comment participer ?
Pour proposer les morceaux deQuarantine The Past, il vous suffit de cliquer sur la pochette ci-dessous et de noter vos morceaux. N’oubliez pas que le premier est Gold Soundz. A vous de jouer !
Et bien sûr, Pavement sera au Zénith de Paris le 7 mai 2010, seule date en France. Il reste encore des places, ne traînez pas !
Avec leur nom évoquant l’un des sports les plus prisés lors de l’hiver en Amérique du nord, Hockey révèle dans Mind Chaos son potentiel pour entraîner les foules sur la piste… de danse !
Drôle de nom pour un groupe de rock, Hockey. Mais une fois leur album inséré dans notre platine CD, on comprend mieux : tel le disque de caoutchouc vulcanisé (palet) que les hockeyeurs s’efforcent non sans grâce et volupté, de mettre au fond des filets du camp adverse, le premier disque de Hockey est un mélange incroyable de mélodies pop rock à 200 à l’heure comme « Too Fake » ou « Song Away » et de rythmes plus colorés où l’on reprend son souffle sur des beats plus groovy : « Work ».
Tels les angles des patinoires dans lesquels se bousculent sans ménagement les joueurs de champ, les membres de Hockey viennent des quatre coins des Etats-Unis.
Hippie or not Yuppie ?
Ben, le chanteur et Jerm se sont rencontrés à l’université en Californie, une sorte de communauté hippie, au milieu d’un quartier d’affaires plutôt ennuyeux. Le duo a d’abord commencé à jouer dans les fêtes et clubs du coin avec une boîte à rythme. Voulant donner plus d’élan et d’envergure à leurs compositions, ils se sont par la suite retrouvés dans un local à répétitions. C’est ici qu’ils ont commencé à écrire frénétiquement. De cette folle période, ils n’ont gardé qu’une seule chanson et non des moindres : « Song Away », jugée assez bonne pour figurer sur Mind Chaos.
Leurs études artistiques terminées, Ben et Jerm quittent la douceur de vivre californienne pour Spokane (Washington) et se lient avec Anthony, un batteur avec lequel ils se mettent rapidement à écrire des chansons. « Curse This City » par exemple évoque la frustration qu’ils ont ressentie la fois où ils se sont fait voler leurs bicyclettes.
Verdict
Hockey allie avec finesse et une énergie folle la rudesse du hip-hop old school à celle du rock garage dansant (The Rapture, The Virgins). C’est ainsi sans surprise qu’ils sont en train de s’imposer comme un des groupes cruciaux des années à venir. Et pour corroborer un article paru dans les Inrocks en septembre dernier, on les verra sans doute bientôt remplir des stades.
Pour l’heure, Merseyside vous incite chaudement à acheter leur album et surtout à aller les voir en concert lors de leurs 5 dates en France, notamment le 4 mars prochain à Paris à la Maroquinerie. On y sera !
The Pains Of Being Pure At Heart, notre groupe fétiche de 2009, était en tournée européenne en novembre dernier, pour le plus grand plaisir des nostalgiques du shoegazing. Magic, la revue pop moderne, a pu les interviewer le lendemain de leur concert au Point Ephémère et juste avant leur Black Session chez Bernard Lenoir. Détails croustillants des coulisses de la tournée…
Julian Casablancas, leader des Strokes, effectuait hier soir son retour sur scène, en solo cette fois. Ce concert-événement aux allures de retour de l’enfant prodige a tenu ses promesses, sans pour autant transcender.
L’album de Julian Casablancas sorti début novembre fait figure d’ ovni dans le monde du rock. Ou en tous cas d’album en marge, affichant une volonté de rompre avec le passé des Strokes et les codes du rock par des compositions ambitieuses au son résolument moderne. Pourtant, ce sont bien les synthés qui poussent les guitares en backstage !
21h pétantes, les six musiciens (les « Sick Six ») montent sur scène pour mettre en marche une véritable machine de guerre : deux synthés (permettant de s’affranchir de la bonne vieille basse), deux guitares et deux batteries, dont une réservée aux mic-macs électros ! Niveau look, le batteur semble tout droit sorti d’ un mauvais carnaval allemand, un des guitaristes semblait plutôt s’échapper de Tryo avec ses favoris baba-cool alors que les deux claviéristes arboraient une tenue robotique digne des plus belles panoplies de Ladytron. Julian, quant à lui a fait honneur à son look traditionnel, cuir et coupe négligée de rigueur.
Début en douceur avec Ludlow Street devant un public conquis prouvant que l’aura de Casablancas n’a pas baissé d’un iota. On a toujours les groupies hurlantes qui tendent des mains et couinent dès que leur idole lève le petit doigt ! Julian ne peut résister dès le deuxième morceau, un Rivers Of Brakelights dévastateur, et il plonge dans ce tapis de mains qui n’attendait que le venue de leur messie pour hurler de plus belle.
Souvenir ému du premier concert des Strokes en France à La Mutualité le 19 mars 2002 où Julian avait aussi plongé dans la foule (oui, on y était !).
La machine est lancée, les titres s’enchaînent avec précision avec un batteur réglé comme une machine à débiter du beat. Le son est franchement puissant et aussi précis que sur l’album, une prouesse salutaire tant la complexité de l’enregistrement semblait difficile à reproduire sur scène. Le public acquiesce à 200%, surtout sur le single 11th Dimension aux allures de New Order ! Petite surprise en douceur avec une reprise de I’ll Try Anything Once des Strokes (face B de Heart In A Cage), qui est en fait la version démo de You Only Live Once, en hommage à l’enfant de Julian, désormais seul sur scène avec un claviériste. Au bout de 40 minutes, Julian fait des signes de remerciement et quitte la scène, suivi du groupe avant de revenir pour 30 Minute Boyfriend, morceau d’une violence électronique déflagratrice qui nous donne l’impression d’être sur un vaisseau spatial attaqué de toute part.
Après quelques flatteries en français ( »Vous êtes le meilleur public« , « Nous reviendrons bientôt« ), l’ami Julian se retire dans l’ombre laissant ses compères achever le travail. Concert plié en 50 minutes, pas de réelle surprise, contrat rempli.
A vrai dire on n’en attendait pas plus du Casablancas cuvée 2009. Vous avez dit cuvée ? Non non, soyez rassurés, Julian semble avoir rangé ses problèmes de picole au rayon des mauvais souvenirs et promet un retour avec les Strokes pour bientôt.
Quoiqu’il en soit, l’échappée belle de Casablancas est plus que salutaire : l’intérêt d’un album solo réside notamment dans la capacité à s’éloigner de son groupe pour tenter des expériences musicales que ses acolytes n’acceptent pas forcément. C’est exactement ce que visait Julian en cherchant « l’efficacité de la musique moderne et la puissance et le sérieux de la musique classique ».
Allez, en bonus une vidéo de bonne qualité de Left & Right In The Dark (merci à But We Have Music)