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Archive for the ‘ Rock FR ’ Category

Happy Mondays, Stone Roses, Charlatans, Factory Records, Haçienda… oui, Madchester est de retour avec Shit Browne, combo français qui ressuscite brillamment les sons ecstasiés de l’une des périodes les plus marquantes du rock anglais et de la folle histoire de Manchester. Véritable coup de coeur !

Validation de Bez des Happy Mondays

On vous le donne en mille : Bez est fan, c’est dire si Shit Browne a la légitimité d’être intégré à la vague Madchester ! Certes, l’ami Bez est à moitié fou, ravagé par la drogue, il n’en demeure pas moins un membre incontournable d’un groupe qui l’est tout autant : les Happy Mondays. Instigateurs de la vague appelée « Madchester », cette période de la fin des années 80 en Angleterre où la house et l’ecstasy viennent s’inviter dans les riffs de guitare, les Happy Mondays ont eu une influence phénoménale sur le rock britannique, au même titre que les Stone Roses, fervents représentants de ce mouvement. Bref, on ne va pas vous faire la biographie entière ici, mais le décor est planté !

Oasis, Stone Roses, Charlatans… l’héritage mancunien bien assimilé

©Yann Stofer

Il est impossible de ne pas évoquer tous ces groupes tant les similarités sautent aux oreilles aussi vite qu’un cachet d’ecstasy dans la bouche de Shaun Ryder ! Formés par un fan de baggy et un accro d’acid house, Shit Browne se fait connaître par le single Electronics aux riffs imparables et à la puissance phénoménale, témoin d’un savoir-faire parfaitement assimilé de l’héritage mancunien. Et l’album garde cette constance tout en y mêlant une variété du meilleur goût, jugez plutôt :
New Colour
fait indéniablement penser à Rock’n'Roll Star d’Oasis, Don’t Ask, son piano et ses percus rappellent Just When You’re Thinking Things Over des Charlatans, Chairman Meow vient lorgner sur les accords de Waterfall des Stone Roses pour finir en New Order, Browne and Proud mélange savamment The Only One à Know des Charlatans aux claviers des Inspiral Carpets, She’s A Party vient faire un traitement de faveur aux tympans déjà bien secoués par les Buzzcocks des années auparavant, Winter Collection nous plonge dans un concert des Happy Mondays qui jouent avec Primal Scream, le tout avec la partie de guitare de MyBeautiful Friend des Charlatans !

Quelle claque ! Et dire que ces joyeux lurons sont Français, on en reste d’autant plus scotchés…

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Nostalgiques de britpop, ramenez votre fraise ! Music Is Not Fun est un groupe lyonnais beaucoup plus fun que son patronyme ne pourrait le laisser croire. Ces trublions de froggies nous paient un aller simple à Londres pour revivre le meilleur de la britpop des 90’s.  Un British Rendez-vous sans complexe !

Un pied dans l’Eurostar

Tombé par hasard sur cet album dans un magasin de disques, c’est avant tout la pochette qui a attiré mon attention : un drapeau anglais et français, un logo qui fait étrangement penser à celui de The Who, le tout avec un beau sticker estampillé Rock & Folk clamant « un son très britpop ». Le dos de la pochette me conforte dans l’idée que j’ai mis un pied dans l’Eurostar en touchant ce disque : quatre gars aux cheveux ébouriffés exhibant fièrement des emblèmes de la perfide Albion. Allez zou, je l’achète et rentre chez moi avec l’excitation d’un gosse de 15 ans qui vient d’acheter un album de Supergrass et qui attend de savoir le son vitaminé qu’il va trouver dedans !

Des symboles à gogo

Le livret ne déçoit pas avec un patchwork 100% british (parsemé de camembert, Tour Eiffel et autres grenouilles !) : les frères Gallagher, Mr. Bean, les Beatles, Tony Blair, le Tower Bridge, Wimbledon, Eric Cantona, la sauce HP… Le ton est donné !
C’est bien beau tout ça, mais musicalement, ça donne quoi ? Pas de surprise, les compositions vont puiser dans les racines du rock british, parfois proche de l’excellent Modern Life Is Rubbish de Blur (Do You Love My Shoes) pour ensuite flirter avec les Libertines (London) voire même avec  Pete Doherty (Spleen Sailor) sans négliger l’accent cockney, frappant sur HP (Please !).
Les textes sont tout aussi rock’n'roll : ça parle de Essex Girls, de « stuck in the sound » (une référence à nos amis du même nom ?), de Camden, de teenage love, Bank of England, britpop party, Top of The Pops, Jarvis Cocker… un joyeux fouillis de références qui confirment définitivement que ces quatre garçons dans le vent ne sont pas nés du bon côté de la Manche !

Les lecteurs de Merseyside.fr doivent le savoir : on aime Astings ! Ce jeune groupe français chante en anglais des chansons dignes du meilleur de la britpop des années 60 avec une énergie ravageuse. Revue de leur concert du 10 octobre à L’International à l’occasion de la première Peanuts Party.

Début en fanfare sur le premier single de l’album : Too Many Monkeys ! Un rock efficace aux riffs bien aiguisés, un titre imparable en live. Le public est chaud, et le groupe enchaîne les tubes jusqu’à l’excellente reprise de The Contours Do You Love Me à l’énergie débordante. Le ton est donné ! Après un excellent There & There, Astings enchaîne sur un de ses meilleurs titres en live, Same Old Story et son improvisation supersonique qui cherche à repousser les murs de cette petite salle.

Puis le groupe s’éclipse pour laisser Pierre (guitare) et Moe (chant) seuls en scène pour une excellente version acoustique de Sad Song, une Face B d’Oasis. (A voir sur la page Facebook du groupe). On retiendra par la suite leur excellente prestation de I am The Man, un titre que l’on attend avec impatience en studio mais qui prend déjà une dimension très rock’n'roll en live avant de terminer sur un 7th Sky enflammé !

Un excellent concert qui manquait malheureusement d’envergure en raison de l’étroitesse de la scène. A surveiller de près pour les prochains concerts…

Setlist – Astings, 10/10/09 à L’International

  • Too Many Monkeys
  • Eliane
  • Oh Denise
  • Do you love Me? (The contours cover)
  • There & There
  • Same Old Story
  • Sad Song (Oasis Cover)
  • In my Odyssey
  • Confessions of a Ladykiller
  • Foolin’ Away
  • Runaway
  • I am the Man
  • Wildlove
  • Welcome to the 7th Sky

Crédit photos : Yann Lecanu,  http://www.myspace.com/faceafaces

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Le Merseymix, c’est quoi ? Il s’agit de mettre en avant deux morceaux qui sont proches musicalement. L’idée n’est pas de supplanter l’excellent DJ Zebra, mais simplement de dénoter ces similitudes au fil de nos écoutes. On ne prévoit pas de publication régulière, on fera ça au fil du vent.

Aujourd’hui, voici le programme :

Brooklyn – Many Times

America – A Horse With No Name

Brooklyn est un jeune groupe parisien repéré par la compilation Paris Calling en 2006 ou il tenait tête aux Plasticines, Second Sex, The Parisians ou encore les Shades.  Brooklyn affichait dès cette époque un talent inné pour un rock bien huilé, aux mélodies efficaces et riffs ravageurs. En 2008 est sorti Clandestine, leur premier album survitaminé sans pour autant tomber dans les clichés du rock formaté de certains groupes français influencés par la scène anglo-saxonne. L’avant-dernière chanson de Clandestine s’intitule Many Times, et dès la première écoute, le titre nous rappelait la chanson d’un groupe au cheval sans nom…

America est un groupe de rock-folk américain fondé en 1970 dont le premier single est sans doute sa chanson la plus connue : A Horse With No Name. La chanson est d’ailleurs souvent plus connue que le nom de son groupe. A sa sortie, la chanson a été interdite dans certaines villes américaines pour sa pseudo référence à la drogue (horse désigne l’héroïne en argot), ce qui ne l’empêche pas de détrôner Heart of Gold de Neil Young dont le groupe s’inspire. Le 45 tours de cette chanson sera même un des 10 titres les plus vendus en 1972.

Brooklyn – Many Times :

America – A Horse With No Name :

Brooklyn et Amercia réunis :

Brooklyn sur MySpace : http://www.myspace.com/aboutbrooklyn

Astings est un groupe français dont l’héritage est à chercher du côté des Kinks, des Beatles, de la puissance flower power sans pour autant renier Oasis. Un son radicalement britannique du meilleur goût à découvrir samedi 10 octobre à Paris.

Voilà un moment que l’on voulait vous parler de l’excellent album d’Astings « The Return of The Swinging Monkeys » sorti en février 2009. Mais voilà, le temps passe, et Astings revient sur scène pour nous faire tortiller sur ses rythmes 60’s histoire de mieux préparer l’automne ! Ce quintet havrais sort son premier EP en 2004, le bien nommé Where all begins suivi par un deuxième (Astings), mais c’est suite à leur signature sur le label Z Factory Records qu’ils sortiront leur premier album, véritable bijou pop aux compositions d’excellente facture.

Nous avions eu l’occasion de les voir pour la première fois en live pour la sortie de l’album où Astings nous avait livré un très bon concert débordant d’énergie avec un son puissant ! Heureusement, nos amies les Peanuts étaient là pour immortaliser le moment, livrant sur leur blog quelques morceaux pris sur le vif. Ces Peanuts organisent une soirée samedi 10 octobre avec en prime un concert gratuit  de Louis de Lights et… Astings ! Faites passer le mot, c’est cool, gratuit et samedi soir !

Pour vous inscrire au concert sur Facebook, cliquez sur le bandeau ci-dessous :



Astings sur le web

astings-peanuts-party

Première interview sur Merseyside.fr ! Nous voici en compagnie de Mathieu Persan, songwriter français autoproduit qui propose son album en téléchargement gratuit et légal. Twitter, Hadopi, Divine comedy et prise de son, la vie artistique de Mathieu Persan passée à la merseymoulinette !

Merseyside t’a découvert en suivant ton profil Twitter. Es-tu particulièrement branché sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux ou tu as créé ton compte pour faire ta promo ?
J’ai créé mon compte par curiosité. On a beaucoup parlé de twitter ces dernier temps et je dois avouer qu’avant d’essayer j’étais un peu sceptique. En puis en découvrant les clients Twitter sur mon téléphone et quelques personnes intéressantes à suivre, j’ai compris la puissance de cet outil.
Je m’en sers maintenant beaucoup pour communiquer et les résultats sont assez fulgurants : 3000 téléchargements de mon album en 3 mois…

En tant qu’artiste, que penses-tu d’Hadopi ? A ton avis, les répressions et sanctions prévues permettent-elles vraiment de défendre les artistes ?
Je dois avouer que je n’ai pas vraiment tout suivi à ce sujet… La seule chose que je puisse dire c’est que je suis convaincu que la répression ou les sanctions ne serviront à rien et desserviront sans doute les artistes peu connus pour qui le web et la libre transmission des contenus est sans doute la meilleure promo. A part en vendant énormément de disques, l’artiste ne peut en aucun cas vivre des ventes de disques. Pour les artistes peu connus, le piratage a donc peu de conséquences directes. En revanche, c’est un danger pour la survie du label qui le produit.

Quel serait alors le modèle à adopter ?
Il faut donc penser à un modèle qui permettra aux artistes d’être produits et de vivre. Il me semble qu’il y a une immense refonte du système qui doit se faire et qui n’est malheureusement toujours pas enclenchée. Elle aurait d’ailleurs dû commencer il y a plus de 10 ans mais les majors ont préféré vivre sur leur nuage et continuer à profiter des gens. Je ne pense pas qu’il y ait de solution simple et évidente à ce problème. Nous verrons où nous en serons dans 10 ans !

Justement, tu t’inscris dans une logique à contre-courant puisque tu proposes ton album en téléchargement gratuit et parfaitement légal sur ton site internet. Comment t’es venue cette idée… Tu t’es calé sur Radiohead lors de la sortie de In Rainbows ? Tu aurais pu le proposer moyennant une petite contribution, non ?
A contre-courant ? Tout dépend de quel point de vue on se place… En fait, j’ai vraiment l’impression que pour les gens de 16-18 ans maintenant, la musique payante, ce n’est pas « naturel ». Et puis de plus en plus d’artistes se lancent dans la gratuité d’une façon ou d’une autre. La différence c’est qu’effectivement, je donne des fichiers de qualité optimale avec un souci de présentation (fichier déjà tagués en MP3 320 kbps, pochette incluse, etc…)
En ce qui concerne le choix de la gratuité, je dois avouer que je n’en suis pas arrivé là par stratégie mais plus par évolution personnelle. J’ai 30 ans, ça fait huit ans que je fais de la musique sérieusement et je sais que je ne gagnerai jamais ma vie avec ça. Je sais aussi que je ne serais jamais une rock-star et je m’adapte. Du coup, j’ai un boulot pour vivre, et la musique n’est là que pour le plaisir. Et le plaisir, il ne vient pas en regardant combien de bénéficies on a dégagé sur un relevé SACEM, mais plutôt combien de personnes ont aimé ma musique. Je préfère toucher beaucoup de gens et ne rien gagner que peu de gens et gagner un peu de sous. C’est artistiquement beaucoup plus valorisant.
Après, quand tu parles de petite contribution, je ne suis pas sûr que le système fonctionne. Non pas que les gens soient radins, mais c’est juste que c’est une barrière entre la musique et l’auditeur. Je crois qu’il est très important que le chemin soit le plus direct possible. A partir du moment où l’auditeur doit sortir sa carte bleue ou se logger sous Paypal pour accéder à la musique, c’est un frein énorme. Le lien direct vers le fichier musical permet de profiter de la curiosité naturelle des gens.
Sinon, en ce qui concerne Radiohead, leur philosophie est, il me semble, tout à fait différente. En plus d’être de très bons musiciens, je les soupçonne d’être de très bons commerciaux. En effet, ce coup médiatique leur a surtout permis de vendre beaucoup de disques. Et puis la qualité sonore de ce qu’ils proposaient à 1 euro était tout de même assez médiocre.

As-tu eu des dons pour ton album ?
Oui j’ai eu quelques dons mais rien de substantiel…

As-tu essayé de passer par des sites comme MyMajorCompany ?
Les sites comme MyMajorCompany ne sont pas vraiment intéressants en ce qui me concerne. Il ne faut pas se leurrer, il y a très peu de gens en France qui s’intéressent à la musique indépendante. Les artistes qui sont sortis de là ressemblent quand même bien à des produits de majors…  (Ndlr : pour l’anecdote, notons que Grégoire, premier artiste signé sur MyMajorCompany, traînait aussi sur les bancs de la fac où  les membres de Merseyside se sont rencontrés !) De toute façon quand on voit qu’ils ont besoin de 50 000 euros pour faire un disque, on se dit qu’il y a un problème. Pour 10 000 euros, je fais le disque de mes rêves !

Parlons musique justement. A l’écoute de l’album, ta musique m’a fait penser à Divine Comedy, Beth Orton, aux Tindersticks, parfois même à The Auteurs (Does It Make You Feel Sad ?) ou aux débuts de Radiohead (Free). Ce sont des influences que tu revendiques ?
C’est très difficile de savoir ce qui influence… Et encore plus de revendiquer quoi que ce soit. J’ai bien trop de respect pour The Divine Comedy ou les Beatles pour ça !
Divine Comedy, c’est le groupe qui m’a réellement donné envie de faire de la musique. Neil Hannon est sans doute la seule personne à réussir à coller des frissons avec des chansons gaies. C’est à mon sens quelque chose de très difficile et une de ses plus grandes qualités.
Beth Orton et les Tindersticks, je ne connais presque pas (voire pas du tout…. Honte à moi.)
Radiohead, je me suis arrêté à OK Computer, après je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai plus eu envie. Je loupe sûrement des choses formidables mais ils ne m’ont plus attiré. En fait je crois que je commence à en avoir assez de la musique plombante. Même si c’est parfois très beau…
The Auteurs, j’ai beaucoup aimé l’album tout noir (je ne me souviens plus du titre…). Il y a vraiment de très belles chansons, bien écrites. C’est de très bon goût. Sans doute trop pour avoir beaucoup de succès ! (ndlr : il s’agit de l’album New Wave, lire notre article)
Sinon dans les artistes que tu n’as pas cités et qui m’ont énormément marqué musicalement, il y a évidemment les Beatles, Elliott Smith, les Pixies, Jeff Buckley, Andrew Bird, le Velvet…

Certaines chansons font preuve d’un beau travail sur les arrangements et l’orchestration (End par exemple). Est-ce difficile à mettre en place ?
Non, mais c’est beaucoup de travail. Comme je travaille seul et que je ne suis pas Mozart, je dois tester mes idées pour me rendre compte de ce que ça donne. Alors quand il y a deux guitares, une basse, du piano, des cuivres et des cordes, ça peut prendre pas mal de temps !
Après, j’ai un goût pour ce genre d’arrangements orchestraux. J’aime les instruments. En puis orchestrer, c’est pour moi comme jouer aux legos. Quand toutes les parties s’emboîtent bien pour former un bel objet musical, c’est une vraie satisfaction.
Je dois aussi avouer que j’ai besoin d’avoir travaillé longtemps sur une chanson pour en être content. Sinon, j’ai l’impression que c’est trop facile, trop évident, et donc pas assez intéressant.

Le premier morceau dont tu aies accouché par toi-même est « Does It Make You Feel Sad ?« . Avec quoi l’as-tu enregistré concrètement ? Car rappelons que tu as menti à ton banquier, lui faisant croire que tu voulais acheter une voiture pour qu’il daigne t’accorder un crédit !
Oui, c’est une drôle d’histoire ! Après la compilation « I hear voices » sur laquelle j’avais un titre, je me suis lancé dans l’autoproduction d’un album. J’ai donc demandé un prêt auto à la banque pour pouvoir acheter du matériel.
J’avais acheté à l’époque deux bonnes enceintes de monitoring, un bon micro, un préampli, une carte son, et un ordinateur. J’ai enregistré tout l’album « Does It Make You Feel Sad ? » avec ça. Petit à petit j’ai investi dans du meilleur matériel, nouveaux préamp, convertisseurs, micros… Je suis devenu un vrai geek des machines ! C’est un peu une quête infinie pour trouver le bon son. Je suis toujours à la recherche du micro qui collera parfaitement à ma voix.
Cela dit, dernièrement je me suis un peu calmé. J’ai plutôt investi dans des instruments. Je me dis maintenant qu’il vaut mieux une bonne guitare enregistrée avec un mauvais micro qu’une mauvaise guitare enregistrée par un bon micro.

Tu expliques sur ton site pourquoi tu chantes en anglais, je suppose que toute la base de tes chansons est fondée sur la musique. Comment procèdes-tu pour composer ?
Je dirais que l’inspiration première est tout à fait inexplicable ; c’est quelque chose qui vient dans la tête ou dans les doigts, sans qu’on sache d’où ça vient… De plus en plus j’arrive à trouver des idées sans avoir d’instrument sur moi, dans la tête. Sinon, le plus souvent, c’est en jouant de la guitare sans trop penser à ce que je fais et en chantonnant dans ma tête.
Une fois l’idée arrivée, c’est juste de la réflexion et du travail. Organiser les différentes parties, les arrangements, faire des choix parmi toutes les idées, choisir les bons instruments. Le plus dur à ce stade est de savoir s’arrêter !
Enfin, c’est toujours le texte qui vient en dernier. J’aime croire que ça permet d’être plus musical…

Tu as travaillé avec Sinclair lors de l’enregistrement de ton premier album. Ce n’est pourtant pas trop ta tasse de thé, si ?
Non, c’est pas le même Sinclair ! Sinclair est un gars qui travaillait chez Record Makers à l’époque…

Tu as des projets à venir, tu peux nous en dire un peu plus ?
Oui, je me lance dans la gratuité la plus totale : j’ai décidé de publier de nouvelles chansons gratuitement et régulièrement sur mon site. En fait, à chaque fois qu’une chanson aura été téléchargée 2000 fois, j’en posterai une nouvelle.
L’idée, c’est que ce n’est plus moi qui impose le rythme des nouvelles chansons mais les auditeurs. C’est un peu gagnant-gagnant : les gens qui aiment ont intérêt à faire de la promo, et moi, ça me motive pour écrire de nouveaux titres et les enregistrer. J’espère avec ce système me faire connaître un peu plus largement.
Après, j’aimerais bien pouvoir continuer à faire des concerts mais c’est de plus en plus dur… J’espère qu’avec un petit public, et une petite reconnaissance sur internet grâce à cette opération, j’aurais des opportunités pour jouer plus souvent et dans de meilleures conditions !

Tu as déjà rencontré du beau monde dans le milieu – Stéphane Briat (Air, Phoenix), Denis Cazajeux (Overhead, Tanger), Yann Arnaud (Syd Matters, Sébastien Schuller) – ça t’a ouvert des portes ?
Pas vraiment mais ça m’a appris beaucoup de choses ! Travailler avec des gens avec qui on s’entend bien artistiquement est vraiment très enrichissant. Ils avaient une vision plus fraîche de mes chansons, un recul que je n’avais pas. Je ne regrette vraiment pas de leur avoir fait confiance.
Si j’ai un regret, c’est qu’il y a très peu de chances que je puisse retravailler comme cela à l’avenir. Si j’avais pu travailler avec eux, c’est parce que j’avais un label. Maintenant, comme je dois tout autoproduire, je n’ai pas les moyens de me payer leurs services. Par contre, comme ils sont vraiment très sympas, je peux toujours leur demander conseil.

Avec qui rêverais-tu de travailler ?
Retravailler avec la même équipe, ça me conviendrait très bien !
Sinon, dans les fantasmes les plus fous, je ferais bien un disque en duo avec Nina Persson (chanteuse des Cardigans, ndlr), produit par Nigel Godrich.

As-tu écouté les albums remasterisés des Beatles ? Toi qui es proche du travail de prise de son, qu’en penses-tu ?
Non, je n’ai pas encore eu le temps… Je trouve le prix un peu élevé et je n’ai pas encore craqué. J’ai entendu des extraits sur internet et ça m’a l’air franchement bien. C’est vrai que les CD des années 80 manquaient vraiment de chaleur et ce que j’ai entendu se rapproche vraiment des vinyles. Et puis, ce qui est vraiment appréciable et rare de nos jours, c’est le respect de la dynamique : les chansons ne sont pas surcompressées comme c’est malheureusement la mode depuis quelques années, ce qui enlève toute nuance aux chansons.

Un mot sur la séparation d’Oasis ?
Oasis, je n’ai jamais acheté de disque mais il y quelques chansons qui sont quand même devenues des standards (sur les deux premiers disques). C’est toujours un peu triste ce genre d’histoire mais en même temps, si Noel peut enfin faire son disque solo, ça pourrait peut-être être pas mal ?

http://www.mathieupersan.com

Derrière ce nom taillé au carré se cache Julien Barbagallo, jeune songwriter de talent reclus dans le Tarn. Multi-instrumentiste de talent, il nous offre un premier mini-album de huit chansons, véritables perles pop aux mélodies délicates. Le bijou de cette rentrée !

Peu connu du grand public, Lecube erre cependant dans l’élégante sphère électro-pop française autour de Tahiti 80, Axe Riverboy (projet solo de Xavier Boyer de Tahiti 80 justement) et Bertrand Burgalat dont il a assuré des premières parties avec Aquaserge, son ancien groupe, lui-même formé des restes du groupe Hyperclean. Vous suivez ?

Julien Barbagallo, alias Lecube, réunit sur « From Here To Now » plusieurs chansons composées il y a quelques années, agrémentées de nouvelles compositions révélant un songwriting de qualité, fin et délicat comme en témoignent les titres Lady Pornograph, Before I Die ou Shoot the Nany, titre qui se balade entre les Beatles (dont la reprise de I’ve Just Seen A Face figure sur cet album), Stephen Malkmus et I’m From Barcelona. Loin des formats calibrés pour la radio avec des morceaux plus psychédéliques (Creatures), ce mini-album est un vrai régal pour les oreilles, tout en douceur. Le coup de coeur pop-folk de cette rentrée.

A écouter sur Myspace dans un premier temps, sans oublier de se procurer l’album :
- Sur Ebay, dans la boutique du label Megaphone.
- Sur Amazon.

Diantre ! Un gamin de 15 ans élevé à l’eau de source auvergnate (et surtout à Dylan) donne l’air de rien des leçons de songwriting sur un album riche en compositions. Révélation juvénile sans aucun doute, voici Zak Laughed.

L’Auvergnat sans façon

Le temps de « Jacques a dit » est terminé, voici Zak a ri ! Zacharie Boisseau, bout de gamin de 15 ans affiche sa maturité musicale sans complexe au fil de ses compositions qui viennent puiser dans le répertoire de Bob Dylan, Leonard Cohen ou Neil Young dans lequel son père l’a plongé. Au l’aurait bien vu dans le film Juno, tant sa connaissance précoce de la culture américaine semble avoir bercé l’enfant.

Depuis peu, le succès s’enchaîne pour le jeunot : après avoir déposé trois chansons sur MySpace, elles ont été repérées par la salle de concert clermontoise « La Coopérative de Mai » puis par le gratin auvergnat avec Cocoon en tête de cortège, mais également Mathias Malzieux de Dionysos. S’en suit un concours de reprises organisé par CQFD pour les 30 ans du label Rough Trade d’où Zak Laughed sort vainqueur avec sa reprise des Strokes « The End Has No End ».

Vieille maison

Aujourd’hui sort l’album The Last Memories of My Old House truffé de perles folk naïves et tellement matures à la fois bercées par la voix d’angelot de Zak qui puise aussi dans des références plus récentes, notamment Eels. Le rejeton de Dylan s’est entouré de noms connus de la scène pop clermontoise, à savoir Denis Clavaizolle, complice de Jean-Louis Murat et de Cocoon pour accoucher de ce premier album dont il assume pleinement la sonorité juvénile de sa voix encore enfantine : « Je tenais à ce que ma voix ne mue pas avant d’enregistrer mon album, sinon les chansons que j’ai composées enfant auraient été dénaturées ». Un réalisme touchant pour ce môme qui n’en est qu’à ses débuts…

A noter une tournée qui passera par Paris le 30 sepembre à la Maroquinerie.